L’édito: «Mais Dieu, que faisait-il ? »

Face aux images poignantes de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame, la question semble légitime : « mais Dieu, que faisait-il ? ». Que Dieu faisait-il face à son propre Fils en Croix, le seul juste innocent ? Dieu est Dieu. Sa volonté nous dépasse mais il sait tirer un bien de tout mal, il sait changer la Croix en don d’amour et en vie. Cela n’est pas un encouragement au mal mais cela nous demande de changer notre regard. Les témoignages sur les chaines de télévision m’ont saisi. Ces personnes qui chantaient en boucle des Je vous salue Marie. Ce jeune homme qui disait l’importance de ce lieu car il y venait à la messe tous les dimanches et y prier plusieurs fois par semaine. Ces journalistes rappelant les catholiques vivaient la Semaine Sainte, mémorial de la Passion du Christ, de sa mort et de sa Résurrection. Cette femme qui disait : « les pierres extérieures importent peu ; Dieu veut que nous prenions garde à la manière dont nous bâtissons notre temple intérieur ». Ce sont bel et bien des millions de personnes qui ont entendu ces témoignages. C’est le cœur de toute notre nation qui a battu à l’unisson, tout au long de cette Semaine Sainte, non pas dans la liesse d’une victoire footballistique mais dans l’intériorité et le recueillement autour de ce qui peut apparaître comme l’absence de notre Dieu. La Croix dorée au milieu des décombres appelle notre foi en sa présence victorieuse dans une Eglise tourmentée. En laissant arriver ce terrible drame, Dieu a permis de montrer au monde entier que notre Eglise n’est pas qu’une affaire d’abus et de silence. Non, la foi chrétienne est bien forte et vivante. Par le don de la vie du Christ par amour sur la Croix, Dieu, dans le silence de la Résurrection, a restauré notre humanité et nous permet de vivre en pleine communion d’amour avec lui. Heureuse faute qui nous a valu un si grand Rédempteur ! Chers sœurs et frères, il en est de même dans nos vies. Il se peut que nous soyons en pleine souffrance ou désespoir du vendredi saint, dans le doute du samedi saint, mais gardons confiance que la vie du Ressuscité irrigue déjà nos vies et que nous devons patienter jusqu’à la pleine lumière de la Résurrection. Je vous souhaite un très beau temps de Pâques !

Nicolas Charrier, diacre