L’édito: « Heureux… Malheureux »

Dans l’Écriture Sainte, les mots ″heureux″ ou ″malheureux″ sont largement employés tout au long de cette histoire d’alliance entre Dieu et l’humanité, que ce soit dans les psaumes, les prophéties, ou dans le discours bien connu des ″béatitudes″.

Peut-être avons-nous de ces deux mots une compréhension un peu statique, cérébrale, moralisante comme une sorte de photographie d’un instant présent, d’un comportement, d’une attitude un peu figée. Le langage biblique, lui, est moins statique et beaucoup plus concret : il est plus juste de nous tourner vers l’image que cela suggère que de se s’enfermer dans un constat. Pour illustrer cela, le psaume 138 ne dit pas : (Seigneur), ″tu sais tout de moi″ mais ″mes chemins te sont familiers″.

Si nous continuons dans cette veine, ″l’heureux″ des béatitudes peut être compris non pas d’abord comme le résultat d’une situation, mais plutôt comme un appel à entrer, sous l’émotion de l’Esprit Saint, dans une dynamique de croissance, dans un chemin de conversion et de sainteté, dans une ″suite″ du Christ.

Bienheureux…″ celui qui est pauvre de cœur, ″Mets toi en route″ toi qui a un cœur pur…, etc… cela n’est pas d’abord un jugement mais plutôt le don d’une promesse de Dieu pour nous… Choisis la vie.

″Tu es malheureux″, toi qui a le cœur plein de toi-même…, ce n’est pas d’abord une malédiction mais plutôt un avertissement, une mise en garde… Ne choisis pas la mort.

La prière d’ouverture du 26e dimanche nous invite aussi à élargir notre compréhension de ces deux ″mots″ : ″Dieu qui donnes  la preuve suprême de ta puissance lorsque tu patientes et prends pitié, sans te lasser accorde-nous ta grâce : en nous hâtant vers les biens que tu promets, nous parviendrons au bonheur du ciel″.

Père Michel Callies