Conférence
Cycle de conférences sur la pensée contemporaine
jeudi 18 avril 2013 à 20h30
117 rue Blomet, salle du sous-sol
Emmanuel Lévinas ou l’autre face de soi
Par Jean-François Riaux, philosophe, professeur en classes préparatoires, enseignant à la Faculté Notre-Dame de Paris.
Emmanuel Levinas (1906-1995) est considéré comme l’un des plus grands philosophes, sinon le plus grand, du XXe siècle.
Né en Lituanie, de culture juive, confronté à la Shoah, Emmanuel Levinas a profondément réfléchi à la question du mal, sa famille entière ayant été exterminée par les nazis. Sa pensée exigeante a fécondé une grande partie de la philosophie contemporaine.
Avec Jean-François Riaux, nous aurons l’occasion inespérée de pouvoir aborder en douceur la pensée d’Emmanuel Levinas, souvent considérée comme difficile, et d’être amenés à comprendre comment Levinas révèle en l’homme « l’autre face de soi. »
Amoureux de la philosophie, vous tous qui vous intéressez aux questions éthiques, venez assister à cette conférence nécessaire qui sera suivie d’un débat !
« Deux sources distinctes alimentent la philosophie d’Emmanuel Levinas :
1. La pensée dite « phénoménologique », c’est-à-dire une pensée fondée sur les différents mouvements de conscience (affects, sentiments, émotions, etc, à l’œuvre dans tout sujet pensant).
2. L’Ancien Testament associé aux textes de la tradition juive.
Se mettant délibérément à distance de Jean-Paul Sartre, Emmanuel Lévinas minore l’angoisse du néant. Il préfère souligner l’énigme de l’être dans la monotonie de ce qu’il appelle sa massivité vide de sens.
Comment, dès lors, échapper au non-sens de l’être ?
Notre seule issue est dans l’élan même de l’éthique, dans l’humble subordination de chaque je à la demande de son prochain. Le sens de notre présence au monde, au lieu de s’anéantir dans l’indéchiffrabilité de l’être, se révèle dans la fécondité infinie de la relation à autrui.
Dans cette possibilité d’un prodigieux dépassement de soi, il y a le signe d’une transcendance, celle qu’Emmanuel Lévinas assigne au visage d’autrui. «




