L’édito: “Un pas en Avent, un pas en arrière ..?”

Editorial

 L’Avent est le début de l’année liturgique. Le moment de faire un pas sur le côté pour s’interroger au sujet du temps qui tourne. Notre monde est-il un perpétuel recommencement ? Sans début ni fin ?

La liturgie pourrait corroborer cette idée. Son cycle semble épouser le cycle de la nature et les récurrences de la vie des hommes. Chaque année lorsque nous faisons un pas dans l’Avent, c’est comme un retour en arrière. On tourne en rond. On reprend le cycle au début.

 

Au début ? Oui, au début ! Mais alors, si je suis capable de distinguer le début de la fin, c’est qu’ils ne sont pas identiques ! C’est que le cycle qui se déroule entre le début et la fin est une dynamique, et non une uniformité immobile. Cela signifie que les débuts et les fins habillent la nudité du temps d’une orientation.

Les débuts et les fins brodent le motif qui orne les choses. Dessinent la perspective du sens de ce qui existe. Le début est en vue de la fin. La croissance en vue de la maturité. La graine en vue du fruit.

Ainsi, à partir de la graine semée une fois pour toutes en l’an 15 de l’empereur Tibère, la liturgie nous enseigne à nous orienter vers la venue glorieuse du Roi de l’Univers : « VIENS SEIGNEUR JESUS ! ».

 

La liturgie proclame que le temps est un Avent. Un « en avant ! » sans retour. La liturgie prépare le chemin du Seigneur. Elle proclame que le temps est un début en vue de l’éternité, un début en vue de l’Éternel.

Qui entendra cette voix qui crie dans le désert de nos monotonies ? Qui renoncera à tourner en rond ? Qui vomira l’indifférence ? Qui rejettera la tiédeur de la routine ? Qui relèvera la tête vers Celui-qui-vient ? Qui sera désir de Dieu-avec-nous ? Qui veillera jusqu’au Soleil-sans-déclin ?

 

Le Fils de l’Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

Père Jean-Charles Pellen

 

Mise à jour :  03/12/21