L’édito: “Seigneur Jésus reçois mon esprit”

 

Editorial

 

Cette parole d’Etienne tirée de l’extrait des actes des apôtres de ce dimanche, nous plonge au cœur des premières persécutions. En effet, rassemblés au tribunal, les autorités juives excédées par ses propos et ses visions, poussèrent Etienne hors de la ville et se mirent à le lapider. Or, pendant qu’on le lapidait Etienne priait ainsi : « Seigneur Jésus reçois mon esprit ». Or, dans l’évangile de Luc, nous retrouvons la même expression dans la bouche du vieux Siméon alors que Joseph et Marie présente l’enfant Jésus au Temple. Mais plus encore, nous la retrouvons dans la bouche même du Christ alors qu’il est sur la croix : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. », indiquant précisément le lien étroit entre le Maître et son disciple Etienne. C’est dire combien cette parole d’abandon est importante et ouvre à une véritable spiritualité. Précisément, Charles de Foucauld, canonisé à Rome le 15 mai dernier, ne l’a pas ignoré. Certains lui attribuent une magnifique prière d’abandon. Or, il est bon de revenir sur le contexte de sa rédaction. En effet, comme le rappelle le père Pierre Sourisseau, postulateur de la cause en béatification de saint Charles de Foucauld, c’est au cours de son engagement à la trappe de Notre-Dame des neiges, en Ardèche, qu’il méditera pour deux jeunes novices maronites, les dernières paroles de Jésus en croix. Le premier biographe de Charles de Foucauld, René Bazin, redécoupera le texte et en fera comme une prière. C’est ainsi qu’est né la belle prière que nous pouvons dire aujourd’hui : « Mon Père, je m’abandonne à vous, faites de moi ce qu’il vous plaira. Quoi que vous fassiez de moi, je vous remercie. Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que votre volonté se fasse en moi, en toutes vos créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu. ». A quelques jours de la Pentecôte, Charles de Foucauld, nous trace donc un chemin d’abandon, de confiance.

Père Emmanuel Végnant

 

Mise à jour :  27/05/2022